La France a mal a ses colonies.
Souvent l’attention des métropolitains fut attirée sur les déséquilibres socio-économiques, la précarité d’indigènes résignés accrochés aux ultimes confettis d’Empire. Ilots paradisiaques aux dires des voyagistes, ghettos nauséabonds pour l’administration républicaine.
L’autisme des nantis est tel qu’il ne voient que midi à leur porte, le soleil au zénith, un symbole de négritude comme justification de la vertu intrinsèque égalitariste et fraternelle de l’état bourgeois.
Parfois, avec l’illusion d’apaiser quelque syndrome identitaire malséant, choisit-on de flatter l’ego antillais en nommant potiche ministérielle un pitre a pointes, en tapotant la joue de bambins hilares, sous les cocotiers.
Dure est la vie des cartes postales, dont on fait d’ailleurs collection.
C’est bien connu, les îles océanes produisent du rhum et des sportifs.
Jusqu’en Chine, notre cher vieux pays compte sur leurs brillants athlètes pour relever, ici ou là, quelques cuisants déficits d’image.
Pour le rhum c’est plus embarrassant. L’alcool et le tabac devenus politiquement incorrects, l’idéal reste de consommer sur place .
Si ces polissons de nègres se résignent à boire toute leur production, un grave péril sanitaire risque d’ajouter à l’agitation ambiante les méfaits d’une alcoolémie chronique.
Vu l’état calamiteux des réseaux publics en territoire ultra marin, il ne paraît guère réaliste d’y exporter les percepteurs automatiques qui prospèrent généreusement au bord des routes occitanes.
Basses et hautes terres s’y contenteront des dotations ordinaires de l’état croupion.
On renverra bientôt quelques charters de touristes, daiquiri au bord de la piscine et folklore numérisé.
Qu’y souhaitent ils de mieux ?
A croire qu’on n’aurait pas aboli l’esclavage !
En attendant pour devancer les comités d’entreprises, l’indomptable Besancenot et Sainte Ségolène, cinq escadrons de gendarmes mobiles, ont pris l’avion. Courir a perdre haleine sous le soleil tropical devrait leur donner soif ; c’est bon pour le commerce.
On avait bien songé à parachuter de (fausses) montres Rolex pour les mâles de plus de cinquante ans, mais Kouchner fit observer au (très cher) Président, qu’au soleil, nul n’a besoin d’horlogerie pour gaspiller son temps.
C’est dire combien l’action humanitaire est avisée.
Vogue la galère !
LEON,du pays des Ours et des Cathares.
jeudi 19 février 2009
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