jeudi 31 janvier 2008

TAXI TRADER.

La baisse avérée du pouvoir d’achat nous contraint a des économies drastiques, voire à des choix cornéliens.
Pensant épargner la moitié de l’énergie consommée par l’appareil, je regarde les images télévisées sans le son; c’est bon pour la planète.
L’inverse, entendre le son sans afficher d’image, m’est impossible, tant je suis incapable de maîtriser la complexité des fonctions gérées par une télécommande dont la chute régulière ponctue mes assoupissements.
Ces temps ci, l’écran m’est apparu silencieux, en rouge et noir.
Ayant écarté l’invraisemblance d’une révolution sociale, inspirée d’un songe d’ATTALI et soutenue par le PS, je supposais une célébration d’un quarantième anniversaire rugissant des " événements " de 1968.
Cependant, n’était ce pas prématuré, et à vrai dire un rien provocateur, à cinq semaines des municipales, d’agiter un chiffon rouge devant les barbes des imams ou des hippies ?
A BIERT (09320), comme dans le 9-3, on s’inscrit plutôt dans une démarche consensuelle du genre, " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil " ; la réforme est en marche qui nous vaudra, croit on, l’économie d’une révolution.
A défaut d’émeute j’imaginais, pour être si colorée, une superbe mêlée, du style d’avant LAPORTE, du temps ou les joueurs de TOULOUSE, affichaient la castagne comme art de vivre, déclinaison rugbystique de l’imbécillité.
Consigné dans son caisson de désemfumage, entre deux bouffées de Havane, mon conseiller technique es-ovalie affirma doctement qu’il ne saurait s’agir d’un Stade Toulousain honni dont il fustige stratégies et perspectives.
N’y tenant plus, je décidais, quitte à rogner sur mon prochain Big MAC, de rétablir le son de l’infernale machine.
Horreur absolue : un scandale sans précédent agite le monde de la finance !
Les couleurs affichées sont celles de la Société Générale.
Provoqué par un brillant jeune homme solitaire et désintéressé (sic) le gouffre équivaut au budget annuel de l’Education Nationale.
Pour le combler, le contribuable devra encore serrer sa ceinture ; ainsi trouvera t-on quelques euros à économiser sur les traitements des fonctionnaires.
Fort opportunément l’ineffable ROCARD, propose de rétribuer les enseignants au mérite. Ajoutée aux 316 prières du catéchisme néo-libéral de l’ex sherpa mitterandien, ne doutons pas que cette mesure soit de nature à rendre leur sérénité aux banquiers échaudés.
Après un bref zapping sur deux ou trois chaînes cryptées qui diffusaient divers offices et une interview de M.A.M , ministre des cultes, contant sa dernière messe, j’osais le service public d’Antenne 2 :
" Manifestation monstre dans les rues de PARIS, LYON et MARSEILLE. Par milliers des taxis verts de rage, rouges et noirs, crient leur ressentiment. Abusés par la démagogie électorale, eux aussi, paieront la facture du trader "
Alors, brisant ma télécommande contre l’écran en délire, je me pris à conclure, avec l’immense philosophe Caroulet:
" Corporatisme, populisme et démagogie sont les mamelles de la politique. "


Le pauvre GASPARROU.

jeudi 24 janvier 2008

RATZINGER, le CATHECUMENE et le TOP MODELE

Dés qu’il eut troqué l’uniforme vert de gris des spadassins nazis pour des chasubles de mieux en mieux immaculées, le soldat RATZINGER acquit l’étoffe d’un chef.
A la tête des troupes secrètes de l’Opus Déi, le guide des croisés du nouveau temps, entretient l’affrontement historique des valeurs théistes contre l’obscurantisme délétère des libres penseurs et le laxisme des mœurs décadentes de nos compatriotes
Choisissant pour modèle Saint BENOIT, idole de la prééminence chrétienne en Europe, il chausse les bottes de ses prédécesseurs, souvent affublés du même pseudonyme, qui combattirent les idées des Lumières, la République laïque, voire la démocratie.
De multiples bégaiements de notre histoire témoignent de la rémanence pernicieuse des menées contre-révolutionnaires: anéantissement de la Commune, affaire DREYFUS, régime de Vichy, Coup d’état de 1958, système MITTERAND…
Chaque fois qu’elle l’a pu, la réaction, inspirée par l’Eglise, s’est employée à anéantir les acquis libertaires du XVIII ème siècle et de la Révolution.
Même si elle n’a pas réussi à recoller la tête de CAPET, la papauté n’a jamais accepté que la France renie sa filiation catholique romaine.
Catéchumène décomplexé, le nouveau chanoine de Saint Jean de Latran vient apporter sa contribution " peopoliste " au syndrome communautaire que veulent inspirer les soldats de Dieu.
Mis a toutes les sauces, le Tout Puissant va avoir fort a faire.
Viendra-t-il au secours de BUSCH qui l’implore ?
Refusera-t-il son pardon magnanime au Président-Pécheur, jésuite du sérail Boloré, qui nous sert son catéchisme libéral-populiste?
Rien n’est moins sur tant la providence est capricieuse.
Qui peut savoir ?
Si le Pape est un homme, ne risque-t-il pas de céder aux charmes d’un top- modèle vieillissant ?
Réveille moi VOLTAIRE, je vais devenir fou !


Léon l’apostat.

mercredi 16 janvier 2008

FORFAITURE.

L’école de la République enseignait jadis que la France est un état de droit.
Plus tard, à Science Po, nous avons pu apprécier les subtilités du long cheminement d’idées qui permirent a notre grand pays de s’affranchir de l’obscurantisme médiéval, de renier le concept archaïque du droit divin, pour s’engager vers la formulation démocratique d’un etat-nation.
Cependant, il n’est pas indispensable d’être agrégé ou énarque, pour comprendre qu’une règle de droit n’est qu’un artifice opportun, destiné a justifier un rapport de force conjoncturel.
Et d’estimer cependant que, depuis deux siècles et cinq républiques, bon an mal an, le principe qui gouvernait le peuple restait, ici, le respect de sa volonté.
A moins que l’on considère leurs choix suffisamment lisibles, tels qu’exprimés par les sondages et l’oracle de TF1, force est de recourir, parfois, à la consultation des citoyens.
Le 29 Mai 2005, au bénéfice d’un civisme remarquable, le projet de traité constitutionnel fut rejeté ; sans ambiguïté, sans faux semblants, après un débat d’une rare et étonnante densité.
Nous bûmes ce soir là, plus que de raison, à la santé de la Démocratie.
Non seulement le ciel ne nous était pas tombé sur la tête, mais nous savourions la fierté républicaine d’une identité révolutionnaire retrouvée que nous espérions consommable.
Bref, en rejetant la pensée unique, véhiculée par les oligarques de tous bords, nous avions rejoint la voie historique des conventionnels, DANTON autant que ROBESPIERRE, à l’origine de la constitution populaire de 1793.
Ce document exemplaire, que suggéraient les contingences géopolitiques et sociales de l’Europe d’alors, se défiait du pouvoir en affirmant :
" Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs "
Or, le monarque absolu qui gouverne en pauvre France, a décidé qu’en dépit de notre choix, le type de supranationalité souhaité par les néo-libéraux, devait s’imposer quelque en soit le risque sociétal et politique.
Pour ce qui serait des conséquences calamiteuses, économiques, sociales et culturelles, tout a déjà été écrit qui justifie une opposition résolue.
En ce qui concerne l’enjeu politique, il est, lui aussi, fondamental.
Passer outre la volonté majoritaire, si clairement exprimée, est un déni de droit. Qu’un parlementaire puisse envisager de valider, en catimini, des dispositions législatives aussi essentielles, régulièrement contestées par une majorité des français, constitue une atteinte inadmissible à la légitimité citoyenne.
Quelque soit son opinion sur le fond du traité, aucun élu républicain n’a le droit de valider, par action ou par omission, la procédure engagée dans le seul but d’imposer un texte que français et néerlandais ont massivement rejeté.Sans être de nature a nous surprendre, l’attitude du Parti Socialiste reste déterminante. Ses élus pourraient, par leur vote au Congrès, le 4 février, rendre au peuple sa légitime souveraineté. Ne pas assumer cette dimension de l’engagement historique des fidèles de JAURES, serait une faute rédhibitoire Elle rendrait le Parti Socialiste complice de la forfaiture sarkozienne.
Si j’en avais l’opportunité, je suggérerais au triste HOLLANDE de relire le Capitaine Fracasse de Théophile GAUTHIER. D’une part il meublerait agréablement sa solitude, ensuite il pourrait méditer cet aphorisme:

" Pauvreté n’est pas forfaiture…toute noble maison qui n’a point failli à l’honneur peut se relever ".
A contrario…

Bonne année chers camarades !
LP GG.

dimanche 6 janvier 2008

L'OURS ET L'ALCHIMISTE.

CONTE DE LA LUNE GIBBEUSE.

Jadis, en Couserans, vivait un naturaliste érudit, vaguement chimiste, un tantinet physicien. Curieux de toute chose, s’abîmant jusqu'à l’extase dans la moindre controverse philosophique, l’homme se voulait original, s’affirmait libre, on le disait bredin.
Friand de chaque expérience apte à démontrer la supériorité de l’humaine nature, il croyait, que l’esprit régnait en lui, n’y obéissant qu’aux règles de l’intelligence et du raisonnement.
C’est dire qu’en cette époque d’obscurantisme et de religiosité convenue, le savant sentait le fagot. Il campait à deux marches du bûcher, n’ignorant ni les sarcasmes de ses voisins ni la suspicion des autorités, préoccupé de donner un sens à sa pauvre vie , une absolue dimension à ses errances.
D’une longue fréquentation de collègues alchimistes, il avait acquis la conviction que la transmutation du plomb en or, si elle semblait inéluctable, relevait d’un processus si complexe et aléatoire qu’il occuperait encore plusieurs générations.
Or, ce pyrénéen obstiné, soucieux de rendre à l’humanité confiance en elle même, mieux qu’aux balivernes cléricales, savait que son temps était compté.
S’il voulait laisser quelque exemple il devait témoigner de la toute puissance de l’esprit.
C’est donc avec réalisme, sans renoncer aux fondamentaux de sa recherche, qu’il envisagea une expérience de proximité susceptible, dans sa genèse et par ses résultats, de rendre à ses compatriotes confiance au génie de l’humanité rurale.
En ces temps là, en Pyrénées Centrales, l’ours, roi des animaux, dont seule l’omnisciente église contestait la majesté, arbitrait l’usage des prairies, landes et forets, imposant aux bons pasteurs une vigilance de tous les instants.
Bien qu’immuable depuis le bout des temps, la situation était pesante. Certains affirmaient qu’elle nuisait gravement à la paisibilité du territoire, à la santé du cheptel.
On avait bien songé a équiper les plantigrades de panonceaux préventifs, mais ces bougres, toujours affublés d’un esprit frondeur, refusaient à priori la société du bon repos.
L’alchimiste dans un égal souci d’humanité et de rigueur expérimentale proposa de transformer l’ours en brebis.
Cent fois sur le métier il remit son ouvrage….
Aux limites du désespoir, lorsque le fauve choisissait pour proie quelque pèlerin égaré, dans l’angoisse d’un échec annoncé, très amaigri les derniers jours du carême, inlassablement, il poursuivait son œuvre. salvatrice, pour la plus grande gloire des hommes, dans la plus grande crainte du Comte de FOIX, Seigneur de BONREPAUX.
Désormais admiré par ses contemporains qui le crurent visionnaire, il entra, sans le vouloir , dans les arcanes de la politique. Ainsi devennait-il un bienfaiteur de l’humanité.Pourtant le temps fuyait et ses forces s’usèrent
L’homme mourut en janvier.
Aux ides de mars, terme habituel de son hibernation, le plantigrade réapparut
La métamorphose était totale.
Cependant l’ours n’était pas transformé en brebis, mais en bulletins de vote.

Léon l’irrévérencieux
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