Humeur Vagabonde, Coups de Coeur et de Colère.....











Amis lecteurs,



Fidèles, parfois impatients, vous avez manifesté votre surprise suite à l’interruption inopinée de notre dialogue.

Ces billets d’humeur, souvent liés, à la conjoncture politique, ont cessé de paraître au début de l’affaire DSK étrangement concomitante avec les prémices de la campagne présidentielle.

Ce n’est pas un hasard, d’autant que j’ai jugé irresponsable d’accroître par l’inanité de mes sarcasmes le climat délétère qui traverse notre pauvre démocratie.

Comme on pouvait le prévoir il n’y eut débat que sur la forme, rarement sur le fond. Ainsi, les oligarques élitistes qui maîtrisent l’opinion et se partagent les prébendes, ont-ils pu développer leur campagne pernicieuse de désinformation.

De conscience citoyenne il n’y eut guère, étouffée par le confort récurent du politiquement correct.

La Pensée Unique impose l’apparence d’une alternance apaisée et les moulins a parole vont cesser de tourner.

N’étant pas Don Quichotte je ne me sentais pas voué à un combat solitaire désespérant.

Aujourd’hui, toute honte bue, essayons de comprendre a quel point nous nous sommes laissés berner.

Allons donc tirer les choses au clerc. Tant mieux pour lui s'il est absent!

LP.




















mardi 27 mars 2007

LES HAUTS DE VICHY.

Collectionneur impénitent, j'ai mis la main sur une une archive troublante: un lot des buvards distribués aux écoliers au nom du Maréchal PETAIN.
On peut lire sous les images d'Epinal censées illustrer les parcours édifiants de BAYARD, MERMOZ, Jeanne HACHETTE et autre Tambour d'ARCOLE:

"La Légion Française des Combattants, Chevalerie des temps nouveaux, combat aux ordres du Maréchal, pour la Révolution Nationale".

Le tout, bien sur, frangé de tricolore.
Fermez le Ban et hissez votre drapeau!
En ces temps d'obscure réaction et de piteux renoncement, on ne faisait pas dans la dentelle lorsqu'il s'agissait de présenter la Nation comme vecteur du salut public.
Mis a part les ouvrages de l'américain PAXTON, rien de vraiment objectif n'a encore été écrit sur ce terrible épisode de l' histoire contemporaine, avatar du syndrome contre- révolutionnaire récurent.
On peut se demander pourquoi, soixante dix ans après, toute la lumière n'a pas été faite sur cette dictature, sur les idées qui l'ont inspirée, sur les sinistres bourreaux de la démocratie, sur les milliers de complices passifs, fonctionnaires décorés de la francisque, magistrats serviles, oublieux des principes intangibles du droit républicain, militaires élitistes mal remis de l'épisode DREYFUS.
Certes, le Président CHIRAC, dans un méritoire hoquet gaulliste, a su reconnaître l'implication de l'état dans les crimes de la collaboration, mais il a omis de dire que ce sont ces mêmes hommes qui cautionnaient le régime de Vichy qui animèrent la démocratie de l'après guerre, pensèrent l'Europe autour de ses marchés, continuant à bafouer les droits des peuples colonisés, renonçant insidieusement au principe de laïcité qui fondait la République.
Comment des lors s'étonner qu'un consensus mou s'établisse aujourd'hui autour des valeurs affirmées par le vieux Maréchal: Travail Famille Patrie!
A écouter, les discours des présidentiables, mis a part quelques variations de ton, il semble bien que le salut des français dans l'Europe soit lié à l'affirmation conjoncturelle de ces mêmes valeurs.
Ils font à a celui qui en rajoutera le mieux.
On en viendrait à se demander si le PEN sert encore à quelque chose!
De SARKOZY qui n'hérite du gaullisme qu'une vision autoritaire, quasi monarchiste du pouvoir, c'est logique et attendu.
De BAYROU, chantre onctueux des idées môles de la démocratie chrétienne, ce n'est pas étonnant puisque l'Église a toujours été, sournoisement, au centre de toutes les menées contre-révolutionnaires et anti-républicaines.
De Madame ROYAL cela surprend et horripile tous ceux qui, avaient pu croire que le Parti concu par MITTERAND sur les ruines fumeuses de la SFIO resterait garant des valeurs républicaines.
A y regarder de plus prés on gagnerait a s'intéresser au parcours du susdit, notamment à son passage dans l'administration vichyste, mais aussi a la genèse du Parti socialiste en son congrès d'Epinay.

C'est alors que le destin pathétique de la gauche française se noua.
Fusionant la tradition républicaine laiquarde du parti essoufflé de Guy MOLLET, et la mouvance angéliste caritative et européiste de la démocratie chrétienne, l'instrument de la conquête du pouvoir miterrandien était habilement conçu.
Il a pris le pouvoir, il l'a exercé, et, avec lui, la plupart des idées de VICHY sont devenues sinon respectables du moins banalisées.
Le temps efface bien des mémoires et Madame ROYAL peut désormais dire tout haut ce que DELORS et ROCCARD pensaient tout bas.
Les idées de Vichy sont au plus haut dans la politique française.
Fut ce pour sauver quelques prébendes le Parti Communiste aura bien du mal a jouer les supplétifs d'une gauche qui n'en a plus que le nom.

Osera-t-il ?

LP GG.

jeudi 15 mars 2007

FRANCOIS LE MAGICIEN

En l'an 66 de l' ère chrétienne, vivait à Samarie en Béarn, un certain François, que les uns appellent le Mécanicien, d' autres le Magicien.
Fasciné par les miracles du Christ, il s'enrôla parmi ses disciples.
Mais, inspiré sans doute par Satan, il se révolta, et se prétendit capable de prouver son pouvoir divin en volant dans les airs.
Néron le fit venir à Rome, et tout le peuple s'assembla pour être témoin d'un spectacle aussi extraordinaire.

Placé au centre du cirque, François se projeta en l'air, grâce à un mécanisme à ressorts dont le dispositif ne fut jamais révélé. Selon Arnobius, il pirouetta, et vint s'aplatir devant la loge impériale en se fracassant la jambe droite.
Dépité par cet échec, il n'attendit pas que Néron lui fit trancher la tête et se jeta par la fenêtre de l'hospice ou il avait été transporté.
Aux dires de Suétone, cette deuxième tentative n'eut pas plus de succès que la première.


Léon-Pierre.

mercredi 7 mars 2007

VOL AU DESSUS D'UN NID DE COQUINS.

AIRBUS, fleuron de l'industrie européenne marque le pas.
Désolant en soi, puisque des milliers d'emplois et l'équilibre économique de plusieurs régions s'en trouvent menacés.
Prévisible, lorsqu'on mesure l'impéritie des politiques équivoques poursuivies à tâtons par les gouvernements de gauche comme de droite, incapables d'appliquer un principe cohérent à la gestion du dossier.

Révoltant, si l'on se réfère aux avertissements motivés des économistes, attentifs à la structure de l'entreprise, à son positionnement dans le contexte de mondialisation comme à l'impact négatif de la monnaie unique européenne.
On se consolera peut être en songeant que les actionnaires du groupe ne se sortiront pas trop mal de ce mauvais coup.
Au chevet du grand oiseau malade, tous les docteurs tant-pis, qui se seraient bien passés de l'opportunité d'un tel débat, rivalisent de compétences et font assaut de bonnes intentions.

Campagne oblige, on se déplace à TOULOUSE, afin de proposer soins palliatifs ou placebos, en attendant de sortir du chapeau pointu la solution miracle qui maintiendra un peu l'affaire face à ses redoutables concurrents: la participation du contribuable!
De toute manière il faudra bien mobiliser de nouveaux capitaux si l'on espère éviter l'effondrement durable d'un pan entier de l'économie nationale.
Soit.
Mais pourquoi faudrait-t-il que cet important effort de tous les français s'accomplisse sans la garantie élémentaire d'un contrôle strict d'EADS ? Le renouveau espéré profitera-t-il aux seuls capitalistes ou permettra-t-il de redistribuer avec mieux de justice la richesse ainsi dégagée?
Telles sont les vraies questions auxquelles doivent répondre les candidats qui trahissent tous leur embarras devant cette actualité malencontreuse qui perturbe l'autisme du microcosme politicien.

En attendant, tel un pied de nez à l'histoire, l'A 380 poursuit ses essais.

Lundi, à 15 H 27, altitude 9OOO pieds, vitesse 350 noeuds, il survolait PONT-CARRE *, cap à l'est, direction les Hauts de MOUGINS*.

D'un château à l'autre, suggèrent quelques esprits chagrins qui s'obstinent à ne connaître de la politique qu'un affrontement d'individus ou d'images.
N'oublient-t-ils pas un peu vite, qu'ici comme ailleurs, le choix est d'abord un choix de structure avant d'être un choix de personne ?

LP GG


NDLR:
PONT-CARRE, "château" du pauvre Gasparrou, signe ostentatoire de richesse et de pouvoir, facteur de doute récurrent sur la sincérité militante de son jardinier.
Les Hauts de MOUGINS, "cabanon" provençal ( très justement estimé) de la famille Hollande, affirmation de réussite exemplaire d'un modeste couple d'énarques.

jeudi 1 mars 2007

DEUX REGIONAUX DANS L'ETAPE.

Le Tour de France, dit-on, se joue dans les Pyrénées.
Renouant avec une tradition centenaire, c'est le 23 juillet qu'il s'attaquera au col de Port, à la grande satisfaction des Maires de Boussenac et de Biert, territoires oubliés et frileux qui ne font la une des médias qu'a l'occasion de l'épreuve reine du cyclisme.... si la météo le permet.
Sur une route, qui aura enfin bénéficié de la condescendance du Conseil Général, hélas peinturlurée par les aficionados des champions et les anti-ours, s'affichera la triste caravane des illusions mercantiles, sportives et politiques. Ou l'on pourra apercevoir, entre Cochonou et Pampers, dans la voiture tchèque du directeur d'étape, la nouvelle députée d'Ariège, proclamée quelques jours auparavant, sans contrôle anti dopage
Son mentor, toujours président de quelque chose, s'ébrouera en savourant le triomphe des traditions, de la continuité, et du statisme de notre petit département qu'un ancien ministre de l'environnement situait dans le Massif Central !
Très en avant, ou loin derrière, d'étranges petits hommes colorés, sur de drôles de machines en carbone, s'efforceront d'arracher quelques secondes, à la logique implacable de l'épreuve
Au soir du spectacle, il y aura un vainqueur, doté d'une grosse bise, d'un énorme chèque et d'un petit ours en peluche. Le scénario est déjà écrit, exception faite du fétiche qui ne saurait être un ours, politiquement incorrect chez BONREPAUX, économiquement impensable quand l'emblème du banquier sponsor s'affirme lion.
Les historiens locaux rappelleront que l'ours, naguère roi des animaux, fut supplanté par le lion dans l'imaginaire collectif, lorsque l'Église médiévale, s'employa à neutraliser les idoles païennes. Le lion n'étant plus présent en Europe, son culte était moins dangereux que celui du plantigrade, pour la toute puissance du Pape et la grande gloire de Dieu...
Pendant qu'on réfléchit, à Ferrières *, haut lieu du syncrétisme social-médiocrate, à promouvoir le culte de l'éléphant rose, sportifs de haut niveau et spectateurs assidus, n'ont de risques d'être dérangés par ursus arctos-arctos que s'ils abusent de substances hallucinogènes.
Le Tour poursuivra donc sa route et, qui sait, écrira dans nos belles Pyrénées une de ses plus grandes pages.
A l'arrière, le "groupetto", conglomérat pitoyable de tous les besogneux des équipes et des stakhanovistes de la bicyclette, mène toujours petit train. Ces travailleurs de l'ombre, savent qu'ils ne recevront jamais aucune peluche, mais puisqu'il n'y a pas de sot métier, ils transpirent pour gagner la vie de leurs patrons
Il n'est pas impossible qu'ils songent au sort ordinaire des travailleurs de notre pays, malmenés par la mondialisation et le libéralisme, sacrifiés par les politiciens sur l'autel du profit, de la modernité et du carriérisme.
Rèveront-ils à l'occasion manquée d'une élection présidentielle ou deux régionaux atypiques ne seraient pas parvenus a imposer ce message d'évidence :
C'en est trop! Il faut changer la politique pour changer la vie
Francois BAYROU, bien qu'il se réclame de la dialectique qui transmuta l'Ours en Lion, exprime quelques idées pertinentes sur la méthode de gouvernance, la nature et le sens de l'état .
José BOVE, ours égaré parmi les singes, avance, sans grand souci de légalisme, des propositions justes et équitables pour un monde meilleur.
Pour l'instant, ces deux "petits candidats" ont peu de chances d'emporter le premier tour des présidentielles.
Pourtant, si les citoyens qui ne peuvent se satisfaire de voir la démocratie confisquée par les professionnels de l'arnaque, à gauche comme à droite, savent profiter de cette opportunité quinquennale de changer nos vies, c'est vers ces deux régionaux dans l'étape qu'ils porteront leurs suffrages.

Lion-P.
  • NDLR: *Ferrières: En République soviétique d'ARIEGE, siège historique du parti oligarchique local, aussi célèbre que la Lubianka de Moscou. Les permanents en furent quelque peu déstabilisés lorsqu'un militant facétieux inscrivit à l'ordre du jour: Au secours, Gasparrou revient! Le soir même ils s'abouchaient avec le Parti Communiste...