On peut lire sous les images d'Epinal censées illustrer les parcours édifiants de BAYARD, MERMOZ, Jeanne HACHETTE et autre Tambour d'ARCOLE:
"La Légion Française des Combattants, Chevalerie des temps nouveaux, combat aux ordres du Maréchal, pour la Révolution Nationale".
Le tout, bien sur, frangé de tricolore.
Fermez le Ban et hissez votre drapeau!
En ces temps d'obscure réaction et de piteux renoncement, on ne faisait pas dans la dentelle lorsqu'il s'agissait de présenter la Nation comme vecteur du salut public.
Mis a part les ouvrages de l'américain PAXTON, rien de vraiment objectif n'a encore été écrit sur ce terrible épisode de l' histoire contemporaine, avatar du syndrome contre- révolutionnaire récurent.
On peut se demander pourquoi, soixante dix ans après, toute la lumière n'a pas été faite sur cette dictature, sur les idées qui l'ont inspirée, sur les sinistres bourreaux de la démocratie, sur les milliers de complices passifs, fonctionnaires décorés de la francisque, magistrats serviles, oublieux des principes intangibles du droit républicain, militaires élitistes mal remis de l'épisode DREYFUS.
Certes, le Président CHIRAC, dans un méritoire hoquet gaulliste, a su reconnaître l'implication de l'état dans les crimes de la collaboration, mais il a omis de dire que ce sont ces mêmes hommes qui cautionnaient le régime de Vichy qui animèrent la démocratie de l'après guerre, pensèrent l'Europe autour de ses marchés, continuant à bafouer les droits des peuples colonisés, renonçant insidieusement au principe de laïcité qui fondait la République.
Comment des lors s'étonner qu'un consensus mou s'établisse aujourd'hui autour des valeurs affirmées par le vieux Maréchal: Travail Famille Patrie!
A écouter, les discours des présidentiables, mis a part quelques variations de ton, il semble bien que le salut des français dans l'Europe soit lié à l'affirmation conjoncturelle de ces mêmes valeurs.
Ils font à a celui qui en rajoutera le mieux.
On en viendrait à se demander si le PEN sert encore à quelque chose!
De SARKOZY qui n'hérite du gaullisme qu'une vision autoritaire, quasi monarchiste du pouvoir, c'est logique et attendu.
De BAYROU, chantre onctueux des idées môles de la démocratie chrétienne, ce n'est pas étonnant puisque l'Église a toujours été, sournoisement, au centre de toutes les menées contre-révolutionnaires et anti-républicaines.
De Madame ROYAL cela surprend et horripile tous ceux qui, avaient pu croire que le Parti concu par MITTERAND sur les ruines fumeuses de la SFIO resterait garant des valeurs républicaines.
A y regarder de plus prés on gagnerait a s'intéresser au parcours du susdit, notamment à son passage dans l'administration vichyste, mais aussi a la genèse du Parti socialiste en son congrès d'Epinay.
C'est alors que le destin pathétique de la gauche française se noua.
Fusionant la tradition républicaine laiquarde du parti essoufflé de Guy MOLLET, et la mouvance angéliste caritative et européiste de la démocratie chrétienne, l'instrument de la conquête du pouvoir miterrandien était habilement conçu.
Il a pris le pouvoir, il l'a exercé, et, avec lui, la plupart des idées de VICHY sont devenues sinon respectables du moins banalisées.
Le temps efface bien des mémoires et Madame ROYAL peut désormais dire tout haut ce que DELORS et ROCCARD pensaient tout bas.
Les idées de Vichy sont au plus haut dans la politique française.
Fut ce pour sauver quelques prébendes le Parti Communiste aura bien du mal a jouer les supplétifs d'une gauche qui n'en a plus que le nom.
Osera-t-il ?
LP GG.